

👋 Chers Dancing Queens et Super Troupers,
En cette semaine de CES, l’IA n’a pas juste fait son show. Elle a entrouvert la porte du salon, posé un pied dans la cuisine, jeté un œil à notre panier de courses… et commencé à trifouiller notre cerveau.
D’un côté, les promesses sont presque indécentes de confort. OpenAI nous explique que ses futurs agents pourront nous aider à gérer les corvées domestiques. Faire les listes, organiser, optimiser, déléguer. Moins de vaisselle mentale, plus de temps libre.
Google, de son côté, déroule le tapis rouge du commerce agentique avec un protocole censé permettre à des IA d’acheter pour nous, directement, sans clic, sans même ouvrir un site. Carrefour est déjà dans la boucle. Le caddie devient conversationnel. Le consommateur, optionnel.
Pendant ce temps, dans les labos et les salons feutrés du CES, la robotique accélère. Agibot dévoile Genie Sim 3.0, une gigantesque machine à entraîner des cerveaux artificiels dans des mondes simulés. Des robots qui apprennent avant même d’exister physiquement.
Des humanoïdes qui répètent leurs gestes mille fois pendant que nous, humains, répétons les mêmes routines. L’IA progresse à coups de simulations massives. Nous, à coups d’habitudes.
Et puis il y a l’autre versant. Celui qui gratte un peu sous le vernis. Le MIT publie une étude qui dérange : utiliser massivement des IA génératives pourrait réduire notre engagement cognitif, notre effort mental, notre capacité à nous souvenir de ce que nous produisons.
Pas parce que l’IA serait “mauvaise”. Mais parce qu’elle est trop efficace quand on la laisse penser à notre place. En parallèle, Google retire en urgence certains résumés IA liés à la santé après des réponses médicales dangereuses. Là, on ne parle plus de confort ou de productivité. On parle de corps, de risques réels, de confiance mal placée.
L’IA ne se contente plus d’assister nos écrans, elle commence à structurer nos décisions, nos gestes, nos choix quotidiens. Elle fait gagner du temps, oui. Elle fluidifie, sans aucun doute. Mais elle déplace aussi subtilement l’effort, la responsabilité, l’attention.
Le vrai sujet n’est donc plus “est-ce que l’IA est impressionnante ?”. On a dépassé ce stade. La question devient : qu’est-ce qu’on décide de continuer à faire nous-mêmes, et qu’est-ce qu’on accepte de déléguer sans réfléchir ? Parce qu’à force de vouloir tout automatiser, il serait dommage de finir en mode économie d’énergie permanente… cerveau inclus.
Voici le sommaire de la semaine :
👉 Penser moins grâce à l’IA : le confort a-t-il un prix cognitif ? 🧠
👉 Médecine et IA : l’erreur de trop pour Google ⚕️
👉 Agibot mise sur la simulation pour accélérer l’IA incarnée 🤖
👉 Ménage, organisation, corvées : OpenAI vise le quotidien 🏠
👉 Google veut que l’IA fasse vos courses Carrefour 🛒

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⚡ Si tu as une minute :
Une étude du MIT montre que l’usage passif d’outils comme ChatGPT réduit l’engagement cognitif, la mémorisation et la satisfaction personnelle. L’IA ne pose pas problème en soi, mais quand elle remplace l’effort plutôt que de l’accompagner. Le risque n’est pas la technologie, mais la dépendance douce qu’elle installe.
Après des recommandations médicales erronées et potentiellement dangereuses, Google a supprimé ses “AI Overviews” pour certaines requêtes santé sensibles. L’épisode rappelle brutalement que l’IA générative n’est pas neutre quand elle touche au corps et au diagnostic. Ici, l’erreur n’est plus abstraite.
Présentée au CES 2026 par Agibot, Genie Sim 3.0 est une plateforme open source de simulation massive pour entraîner des IA robotiques avant même leur existence physique. Des milliers d’heures de données, des centaines de tâches, et un objectif clair : faire progresser l’IA incarnée à grande vitesse. Le futur des robots se joue d’abord dans des mondes virtuels.
Selon OpenAI, les agents IA vont bientôt aider à organiser, planifier et gérer les tâches domestiques. Un gain de productivité invisible, non comptabilisé dans le PIB, mais bien réel dans le quotidien. L’IA ne promet plus de “changer le monde”, elle promet surtout de nous libérer du sale boulot.
Google lance un protocole ouvert pour permettre aux assistants IA d’acheter directement chez les commerçants, sans passer par des interfaces classiques. Carrefour fait partie des premiers partenaires. Le caddie devient conversationnel, l’acte d’achat programmable. L’acheteur humain commence à partager le volant.
LE RENDEZ-VOUS MONDIAL DE L’IA
12 & 13 février 2026 - Palais des Festivals, Cannes
Le World AI Cannes Festival (WAICF) revient pour sa 5ᵉ édition, réunissant leaders mondiaux, innovateurs et décideurs pour explorer les dernières avancées en intelligence artificielle.
Pendant deux jours, les participants bénéficieront d’un aperçu unique des technologies de pointe, des applications concrètes et des stratégies qui façonnent l’avenir de l’IA dans tous les secteurs.
10 000+ participants - 320 intervenants - 220 exposants & startups - 250+ conférences et démo sessions
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1️⃣ Penser moins grâce à l’IA : le confort a-t-il un prix cognitif ?
Le résumé : Utiliser l’IA générative pour travailler plus vite n’est pas sans conséquence. Une étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT) montre qu’un usage passif de ChatGPT réduit l’engagement mental, affaiblit la mémoire et freine le développement des compétences cognitives. Un gain de confort immédiat qui pourrait coûter cher au cerveau à long terme.
L’équipe a mesuré l’activité cérébrale en temps réel, loin des simples questionnaires, en demandant aux participants de rédiger des dissertations de type SAT avec ou sans IA.

Les détails :
Un cerveau moins sollicité : Les utilisateurs de ChatGPT présentent une activité neuronale nettement inférieure à ceux travaillant sans assistance, signe d’un effort cognitif réduit.
L’effet d’accoutumance : Plus l’IA est utilisée, plus l’engagement mental s’érode. Certains participants ont reconnu recopier les textes générés sans réelle implication personnelle.
La facilité a un prix : Comparée à une recherche classique via un moteur de recherche, l’IA simplifie drastiquement la tâche, mais engendre une dépendance cognitive mesurable.
Un travail qui perd de sa valeur : Les participants assistés par IA se disent moins satisfaits de leur production et peinent à citer leurs propres écrits, faute d’analyse approfondie.
La “dette cognitive” selon ChatGPT : L’IA elle-même admet qu’un usage excessif comme béquille mentale peut provoquer une atrophie progressive des capacités de raisonnement.
Pourquoi c’est important : Publié sur arXiv sous le titre Your Brain on ChatGPT, le papier du MIT confirme une alerte déjà lancée par Microsoft plus tôt cette année sur l’érosion de la pensée critique. L’IA reste un accélérateur puissant, à condition de ne pas la laisser penser à notre place.
2️⃣ Médecine et IA : l’erreur de trop pour Google
Le résumé : Google a discrètement supprimé ses aperçus générés par IA pour certaines requêtes médicales sensibles, après une enquête publiée le 11 janvier 2026 par The Guardian. En cause : des réponses jugées trompeuses sur des analyses de santé, susceptibles d’induire les internautes en erreur. Une décision rapide, mais qui soulève des inquiétudes plus larges sur l’usage de l’IA dans la recherche médicale.

Les détails :
Une enquête qui déclenche l’alerte : The Guardian révèle que les aperçus IA de Google fournissaient des plages “normales” pour des analyses hépatiques sans tenir compte de critères clés comme l’âge, le sexe, la nationalité ou l’origine ethnique.
Des requêtes médicales ciblées : Les synthèses IA ont disparu pour des recherches telles que « plage normale des analyses sanguines du foie » et « tests de la fonction hépatique. »
Des variantes encore actives : Malgré la suppression, certaines formulations proches, comme « plage de référence des tests hépatiques », continuaient initialement d’afficher des résumés IA.
Un retrait discret mais réel : Quelques heures après la publication de l’article, plusieurs tests montrent l’absence d’aperçus IA, même si Google propose encore d’exécuter la requête en mode IA. Parfois, le premier résultat affiché reste l’article du Guardian.
La réponse officielle de Google : Un porte-parole affirme ne pas commenter les suppressions individuelles, évoquant plutôt des « améliorations générales ». Une équipe interne de cliniciens aurait jugé nombre d’informations exactes et étayées par des sources fiables.
Pourquoi c’est important : En 2025, Google promettait déjà des modèles d’IA dédiés à la santé. Cet épisode montre qu’en matière médicale, une approximation algorithmique ne relève pas du simple bug, mais d’un risque réel pour les utilisateurs.
3️⃣ Agibot mise sur la simulation pour accélérer l’IA incarnée
Le résumé : Présentée au CES 2026, Genie Sim 3.0 marque une nouvelle étape pour l’intelligence incarnée. AGIBOT dévoile une plateforme de simulation ouverte, intégrée à NVIDIA Isaac Sim et NVIDIA Omniverse. Elle est pensée pour entraîner, tester et comparer des robots intelligents plus vite, avec moins de matériel et des benchmarks massifs enfin standardisés.
Les détails :
Un océan de données ouvertes : Une plateforme open source unifiée pour la robotique avancée, AGIBOT intègre plus de 10 000 heures de données synthétiques réalistes avec capteurs RGB-D, vision stéréo et données cinématiques.
Un pipeline tout-en-un : La plateforme regroupe création d’actifs numériques, génération de scènes, collecte de données, simulation physique et évaluation automatisée dans un seul environnement connecté à NVIDIA Isaac Sim.
Moins de robots, plus d’itérations : Selon AGIBOT, Genie Sim 3.0 réduit fortement la dépendance aux robots physiques tout en accélérant les cycles d’entraînement des modèles.
Des benchmarks à grande échelle : Le Genie Sim Benchmark évalue l’intelligence incarnée sur plus de 200 tâches réparties dans plus de 100 000 scénarios simulés, afin de dresser des profils de capacités complets.
Des scènes générées par le langage : Grâce aux grands modèles de langage, les utilisateurs décrivent un environnement en texte. Le système produit scènes, variations sémantiques et aperçus visuels sans logique codée manuellement.
Des jumeaux industriels sans matériel : Genie Sim 3.0 reconstruit des jumeaux numériques de sites logistiques et lignes de production, avec des tests complets sans déployer un seul robot.
Pourquoi c’est important : En rendant données, simulations et outils d’évaluation entièrement open source, AGIBOT ambitionne de poser les fondations des futures normes de l’IA incarnée, aussi bien pour la recherche que pour l’industrie.
4️⃣ Ménage, organisation, corvées : OpenAI vise le quotidien
Le résumé : L’IA ne se limite plus aux écrans. OpenAI affirme qu’elle s’apprête à alléger les tâches domestiques du quotidien. Pour Aaron « Ronnie » Chatterji, économiste en chef de l’entreprise, l’intelligence artificielle fera gagner un temps considérable à la maison, un bénéfice encore absent des indicateurs économiques classiques.

Les détails :
L’IA s’invite dans les foyers : Le 8 janvier, dans le Financial Times, Aaron « Ronnie » Chatterji explique que l’IA prendra en charge des tâches ménagères longues et répétitives pour libérer du temps au quotidien.
Une productivité difficile à mesurer : Selon OpenAI, l’aide domestique, l’organisation familiale ou la gestion du foyer échappent encore aux statistiques économiques traditionnelles.
ChatGPT version parent : En décembre, Sam Altman déclarait dans The Tonight Show qu’il n’aurait pas imaginé apprendre à s’occuper d’un nouveau-né sans ChatGPT.
Anthropic met la main à la pâte : Une étude menée par Anthropic montre que l’usage de son chatbot Claude pour la préparation des repas accélère le processus de 75 %.
Redéfinir la valeur humaine : Chatterji souhaite créer de nouveaux indicateurs intégrant le travail domestique, l’éducation des enfants et la collaboration humaine.
Des usages massifs déjà visibles : OpenAI révèle que 40 millions de personnes utilisent ChatGPT chaque jour pour des questions de santé. Sur 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires, 200 millions abordent ces sujets au moins une fois par semaine, avec plus de 5 % des messages mondiaux.
Pourquoi c’est important : L’IA ne menace pas seulement l’emploi, elle redessine aussi la notion de travail utile. En valorisant le temps libéré à la maison, OpenAI propose un changement de regard : la productivité ne se limite plus au bureau, elle commence dans le salon.
5️⃣ Google veut que l’IA fasse vos courses Carrefour
Le résumé : Dévoilé le 11 janvier 2026 à New York, l’Universal Commerce Protocol de Google ouvre l’ère du commerce agentique. Ce standard permet d’acheter directement via une IA conversationnelle, sans quitter l’interface. Carrefour figure parmi les premiers adopteurs, aux côtés de Visa et Zalando. Une riposte assumée aux fonctions shopping de ChatGPT lancées 3 mois plus tôt.

Les détails :
Acheter en discutant : Le commerce agentique repose sur une conversation naturelle avec une IA. L’utilisateur demande un produit, l’assistant le trouve, le sélectionne et déclenche l’achat dans le même flux.
Un protocole universel : Avec l’Universal Commerce Protocol (UCP), Google remplace les intégrations sur mesure par un langage commun. Un seul branchement rend les commerçants accessibles sur toutes les IA compatibles.
Un parcours complet couvert : Recherche, ajout au panier, paiement et suivi de commande sont intégrés dans ce protocole open-source, tout en laissant aux enseignes la maîtrise des prix, promotions et stocks.
Une alliance mondiale : Shopify, Etsy, Wayfair, Target et Walmart ont participé à la création. Plus de 20 groupes ont suivi, dont Carrefour, Zalando, Best Buy, Macy’s et The Home Depot.
Paiements sous haute sécurité : Chaque transaction repose sur une preuve cryptographique du consentement utilisateur. Visa, Mastercard, American Express, Adyen, Stripe et PayPal soutiennent l’UCP.
Carrefour en pionnier européen : Déjà utilisateur de l’IA Google via son agent « Hopla+ », Carrefour s’intègre désormais à Google Search et à l’application Gemini. Emmanuel Grenier, directeur de la transformation digitale, revendique une avance stratégique.
Pourquoi c’est important : Le shopping quitte les clics pour entrer dans la conversation. En standardisant l’achat par IA, Google redéfinit l’e-commerce, et Carrefour se positionne dès maintenant dans ce nouveau réflexe d’achat.
❤️ L’outil de la semaine : L’email passe en pilotage assisté avec Gmail + Gemini
Google transforme Gmail en assistant intelligent, avec Gemini désormais au cœur de la boîte mail. Recherche en langage naturel, résumés automatiques, aide à l’écriture, priorisation des messages… L’email ne se lit plus, il se consulte.
À quoi ça sert ?
Gmail ne se contente plus d’afficher des messages. Il comprend, synthétise et hiérarchise pour vous.
Retrouver une info sans fouiller
Vous posez une question (“Quel était le devis du plombier ?”), Gemini parcourt vos emails et vous répond directement, avec les infos clés et les sources citées.Résumer automatiquement les fils interminables
Les longues discussions deviennent des synthèses claires. Plus besoin de scroller jusqu’à l’aube.Améliorer vos emails avant envoi
Un outil de relecture IA propose des reformulations plus fluides et plus claires, bien au-delà du simple correcteur orthographique.Laisser l’IA trier votre boîte
La future “AI Inbox” identifie les messages prioritaires et résume le reste. Votre attention devient une ressource optimisée.
Comment l’utiliser ? Les nouvelles fonctions arrivent progressivement pour les abonnés Google AI Pro et Ultra.
Une partie des outils IA jusque-là premium commence aussi à être déployée plus largement. L’AI Inbox, elle, est encore en test chez un groupe restreint.
💙 La vidéo de la semaine : Atlas fait un backflip… et se rattrape
Au CES 2026, Boston Dynamics a ressorti son meilleur atout spectacle : Atlas, son robot humanoïde, capable de marcher comme un humain… et de tenter un backflip devant public.
La figure n’est pas parfaite. Atlas tourne bien en l’air, retombe sur ses pieds, trébuche légèrement, perd un élément de sa pince, puis se stabilise en une fraction de seconde. Et c’est précisément là que la vidéo devient intéressante. Moins pour le salto que pour la capacité de récupération instantanée, preuve d’un contrôle moteur et computationnel d’un niveau impressionnant.
Ce n’est pas une première pour Atlas. Le robot avait déjà réalisé un backflip il y a huit ans, et même récemment dans un costume de Père Noël. Mais ici, le message est différent. Il ne s’agit plus seulement de montrer un exploit spectaculaire, mais de démontrer une coordination ultra-rapide de dizaines d’articulations, capable de corriger une erreur en temps réel.
Évidemment, un backflip ne dit pas grand-chose sur la capacité d’Atlas à travailler dans un entrepôt ou une usine. Boston Dynamics a déjà montré ce volet ailleurs. Cette vidéo joue un autre rôle : rappeler que les humanoïdes ne sont plus raides, prévisibles ou fragiles. Ils deviennent dynamiques, adaptatifs, presque intuitifs dans leurs mouvements.
L’IA nous rend-elle paresseux mentalement ?


