👋 Chers Dancing Queens et Super Troupers,

Cette semaine, l’IA a arrêté de faire semblant. Fini le storytelling façon “assistant magique qui vous veut du bien”. Les masques tombent, les câbles apparaissent, et tout le monde peut enfin voir où passent les vrais nerfs. Apple, OpenAI, Google, Xiaomi… chacun a bougé une pièce, et l’échiquier a changé de forme sous nos yeux.

Commençons par le choc symbolique. Apple, la boîte qui adore expliquer qu’elle fait tout “différemment”, a choisi Google pour servir de fondation cognitive à ses futurs modèles. Gemini devient le moteur de la prochaine version de Siri. 

Ce n’est pas une collaboration cosmétique, c’est un aveu stratégique. Apple garde l’interface, la narration, la promesse de confidentialité. Google fournit le cerveau. Dans la Silicon Valley, on appelle ça “se concentrer sur ses forces”. Dans la vraie vie, ça s’appelle reconnaître qui a gagné la bataille des modèles.

Pendant ce temps-là, OpenAI avance sur deux fronts. D’un côté, la vision futuriste avec ses écouteurs IA “Sweetpea”, portés derrière l’oreille, toujours actifs, toujours à l’écoute du monde. Un assistant qui ne vit plus dans une app, mais dans ton environnement. 

De l’autre, une décision beaucoup plus terre-à-terre : la pub débarque dans ChatGPT. Pas dans les réponses, promet-on, mais juste en dessous. Comme YouTube à ses débuts. Comme Google hier. Comme toute plateforme qui a compris que l’inférence coûte cher et que l’idéalisme ne paie pas les factures GPU.

Et pendant que certains découvrent que l’IA a besoin de cash-flow pour survivre, d’autres travaillent à changer d’échelle, littéralement. En Allemagne, des chercheurs font tourner sur un supercalculateur une simulation équivalente au cortex humain, avec des dizaines de milliards de neurones et des centaines de milliers de milliards de connexions.

Ce n’est pas “créer un esprit”, ni “copier le cerveau”, mais c’est un nouveau microscope. Un outil pour observer ce qui n’apparaît qu’à grande taille. Là où les petits modèles cessent d’être représentatifs et où émergent des comportements inattendus.

Enfin, Xiaomi joue la carte la plus pragmatique de toutes. Des lunettes audio, sans caméra, sans écran, sans promesse dystopique. Juste du son, du confort, une autonomie correcte, et un prix qui ne fait pas transpirer.

Voici le sommaire de la semaine :

👉 Apple confie le cerveau de Siri à Google 🤯

👉 OpenAI parie sur un wearable pour l’après-smartphone ⌚

👉 L’IA gratuite touche à sa fin : OpenAI passe à la pub 💸

👉 Simuler 20 milliards de neurones devient enfin possible 🧠

👉 Xiaomi prouve que l’IA peut aussi rester invisible 👀

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Si tu as une minute :

  • Apple a tranché : les futurs Apple Foundation Models reposeront sur Gemini, l’IA de Google. Siri va devenir plus personnalisé dès cette année, tout en restant intégré à l’écosystème Apple et à sa promesse de confidentialité. Message implicite mais limpide : Apple garde le produit, Google fournit le cerveau.

  • OpenAI plancherait sur Sweetpea, un wearable derrière l’oreille, pensé pour concurrencer les AirPods. Batterie plus large, puce dédiée, capteurs environnementaux : l’assistant ne vit plus dans une app, mais dans le monde réel. Sortie évoquée vers 2026, avec des ambitions industrielles très élevées.

  • OpenAI va tester des publicités dans ChatGPT pour les comptes gratuits et l’abonnement Go. Les pubs seront affichées sous les réponses, jamais sur les sujets sensibles, et resteront théoriquement séparées des réponses “organiques”. Pour éviter les pubs, il faudra payer plus.

  • En Allemagne, des chercheurs utilisent le supercalculateur JUPITER pour simuler un réseau équivalent au cortex humain : 20 milliards de neurones, 100 000 milliards de connexions. Ce n’est pas une conscience artificielle, mais un nouveau microscope scientifique. À cette échelle, des comportements émergent que les petits modèles ne montrent jamais.

  • Xiaomi commercialise en Europe des lunettes audio Bluetooth à 179 €. Pas de caméra, pas d’écran, juste du son, 13 heures d’autonomie et un poids plume. Une approche utilitaire et rassurante : l’IA se fait discrète, portable, et socialement acceptable.

LE RENDEZ-VOUS MONDIAL DE L’IA

12 & 13 février 2026 - Palais des Festivals, Cannes

Le World AI Cannes Festival (WAICF) revient pour sa 5ᵉ édition, réunissant leaders mondiaux, innovateurs et décideurs pour explorer les dernières avancées en intelligence artificielle.

Pendant deux jours, les participants bénéficieront d’un aperçu unique des technologies de pointe, des applications concrètes et des stratégies qui façonnent l’avenir de l’IA dans tous les secteurs.

10 000+ participants - 320 intervenants - 220 exposants & startups - 250+ conférences et démo sessions

🔥 Si tu as quinze minutes

1️⃣ Apple confie le cerveau de Siri à Google

Le résumé : Apple confie désormais l’intelligence de Siri à Gemini, le modèle d’IA de Google. Ce partenariat pluriannuel vise à accélérer la refonte de Siri, repoussée début 2026 faute d’avancées suffisantes en interne. Gemini devient la base technologique, tandis qu’Apple conserve la main sur l’expérience utilisateur, le déploiement et une partie du traitement via son cloud privé.

Les détails :

  • Un aveu technologique assumé : Apple estime que Gemini dépasse aujourd’hui ses propres modèles pour servir de socle à Siri, selon une évaluation interne approfondie confirmée ce lundi.

  • Un partenariat très encadré : Google fournit Gemini et son infrastructure cloud, Apple pilote l’interface, la personnalisation et l’intégration matérielle sur ses appareils.

  • Siri version augmentée : La nouvelle mouture, attendue courant 2026, comprendra mieux le contexte personnel et enchaînera des actions complexes de manière plus fluide.

  • Une course contre le temps : Le retard accumulé sur Siri a pesé lourd. Gemini permet de rattraper une feuille de route devenue critique.

  • Gemini 3 comme déclencheur : Lancé fin 2024, le modèle a brillé sur les benchmarks, offrant la robustesse et la vitesse d’évolution recherchées par Apple.

  • Un changement d’hommes : John Giannandrea a quitté Apple fin 2025. Mike Rockwell, ex-Vision Pro, dirige désormais la stratégie IA.

  • Ouverture calculée : Apple discute aussi avec OpenAI, Anthropic et Perplexity, sans dépendre totalement d’un seul acteur.

Pourquoi c’est important : Google place son IA au cœur de centaines de millions d’appareils sans apparaître à l’écran. Apple, pragmatique, sacrifie l’orgueil technologique pour préserver l’expérience. Siri change de moteur, l’écosystème reste intact

2️⃣ OpenAI parie sur un wearable pour l’après-smartphone

Le résumé : Un leak attribué à Smart Pikachu révèle un projet interne d’OpenAI baptisé Sweetpea. Derrière ce nom discret, un wearable audio concurrent direct des AirPods. Sweetpea a une ambition massive : un lancement envisagé vers septembre 2026 et des volumes estimés entre 40 et 50 millions d’unités. Mais la surprise ne vient ni du micro ni du son.

Les détails :

  • Assistant always-On : Sweetpea viserait un assistant porté en continu, capable de percevoir son environnement et d’intervenir intelligemment, sans écran.

  • Un “écouteur” qui ne se loge pas dans l’oreille : Le dispositif se porterait derrière l’oreille, libérant de l’espace pour l’électronique et surtout pour la batterie. Une autonomie compatible avec un assistant actif en permanence.

  • L’ambition industrielle donne le tournis : Le leak évoque un lancement autour de septembre 2026 et une production de 40 à 50 millions d’unités, un pari colossal pour un premier produit matériel.

  • La vraie rupture, c’est le contexte : Selon Wareable, Sweetpea intégrerait un émetteur ultrasonique et des capteurs capables de capter des signaux environnementaux, ouvrant la voie à une compréhension fine des situations.

  • Un rival du smartphone plus que des AirPods : En supprimant l’écran comme point d’entrée, Sweetpea s’attaque frontalement au rôle central du smartphone dans les usages quotidiens.

  • Un pari risqué et socialement sensible : Coûts proches d’un smartphone, interrogations sur la vie privée et acceptation d’un assistant “always on” pourraient freiner l’adoption.

Pourquoi c’est important : Sweetpea ne promet pas un nouvel objet à porter, mais un nouveau réflexe numérique. Si OpenAI réussit, l’interface principale de l’IA pourrait quitter la poche pour se poser derrière l’oreille, discrètement et durablement.

3️⃣ L’IA gratuite touche à sa fin : OpenAI passe à la pub

Le résumé : OpenAI s’apprête à injecter de la publicité dans ChatGPT. Dès les prochaines semaines, les utilisateurs adultes connectés des formules gratuites et Go aux États-Unis verront apparaître des contenus sponsorisés. Les annonces sont clairement séparées des réponses du chatbot. Une stratégie, assumée, pour financer une IA toujours plus coûteuse à faire tourner. Les abonnements Plus, Pro, Business et Enterprise resteront sans pub.

Les détails :

  • Des pubs, mais à distance respectable : Les annonces s’afficheront sous les conversations, sans influencer les réponses générées. L’algorithme reste guidé par l’utilité.

  • Une sortie de secours payante : OpenAI garantit une option sans publicité via ses abonnements Plus et Pro. Les utilisateurs pourront aussi ignorer une annonce et expliquer leur désintérêt.

  • Des sujets protégés : Aucune publicité ne s’invitera dans les échanges liés à la santé, à l’état mental ou à la politique actuelle. Les adolescents de moins de 18 ans resteront également hors cible.

  • Vie privée sous cloche : Les données personnelles ne seront ni vendues ni partagées avec les annonceurs. Les utilisateurs pourront désactiver la personnalisation publicitaire et supprimer les données utilisées pour le ciblage.

  • ChatGPT Go arrive aux États-Unis : Lancée en Inde en août dernier, l’offre Go débarque aux États-Unis à 8 dollars par mois. Elle propose des limites d’usage multipliées par 10, une mémoire étendue et une meilleure gestion du contexte, mais avec publicités incluses.

  • Des tests déjà en cours : Selon plusieurs rapports, OpenAI expérimente ces formats publicitaires depuis fin 2025, dans un contexte où l’entraînement et l’inférence des modèles explosent les budgets.

Pourquoi c’est important : Avec cette décision, OpenAI normalise un futur où les chatbots gratuits s’alignent sur le Web classique : utiles, performants… et financés par la publicité. Une bascule discrète, mais structurante pour l’économie de l’IA grand public.

4️⃣ Simuler 20 milliards de neurones devient enfin possible

Le résumé : En 2024, le cerveau d’une mouche des fruits a été cartographié (54,5 millions de synapses et 150 mètres de connexions). Aujourd’hui, à Jülich, des chercheurs allemands veulent simuler un cerveau humain entier. Ils utilisent un des supercalculateurs les plus puissants de la planète. C’est grâce à une puissance de calcul record et des modèles neuronaux à grande échelle.

Les détails :

  • De la mouche à l’humain : La cartographie du cerveau de la drosophile en 2024 a servi de démonstrateur spectaculaire. L’étude révélait la complexité extrême des circuits neuronaux, même à toute petite échelle.

  • Retour d’un rêve abandonné : 10 ans après l’échec du Human Brain Project, le centre de recherche de Jülich estime que les conditions techniques sont enfin réunies pour avancer.

  • JUPITER entre en scène : La simulation reposera sur le supercalculateur JUPITER (Joint Undertaking Pioneer for Innovative and Transformative Exascale Research), classé 4ème mondial et équipé de milliers de GPU.

  • Chiffres vertigineux : L’équipe de Markus Diesmann, professeur de neurophysique, a déjà fait tourner sur JUPITER un réseau neuronal à impulsions équivalent à 20 milliards de neurones et 100 billions de connexions, soit l’échelle du cortex humain.

  • Des limites assumées : Thomas Nowotny, professeur à l’université du Sussex, rappelle qu’une simulation, même gigantesque, ne reproduira jamais entièrement le fonctionnement réel du cerveau.

Pourquoi c’est important : Cette avancée marque un tournant pour les neurosciences computationnelles : simuler un cerveau humain permettrait d’explorer des dynamiques neuronales jusqu’ici inaccessibles. Mais elle rappelle aussi une vérité dérangeante : même armée d’exascale, la science ne fait encore qu’effleurer le mystère le plus dense de l’organisme humain.

5️⃣ Xiaomi prouve que l’IA peut aussi rester invisible

Le résumé : Xiaomi élargit encore son écosystème et lance officiellement en France ses premières lunettes connectées audio, les Mijia Smart Audio Glasses. Elles sont commercialisées à 179 euros dès leur lancement en Europe. Son crédo : remplacer des écouteurs Bluetooth emplacer vos écouteurs sans vous faire passer pour un cyborg du futur.  Pas d’écran, pas de caméra, uniquement du son, du confort et une intégration fluide à Android.

Les détails :

  • Un poids plume assumé : Le modèle le plus léger pèse 27,6g (hors verres), soit à peine plus qu’une monture classique et bien en dessous des anciennes Bose Frames à 45g.

  • Branches intelligentes et modulables : Toute la technologie se loge dans les branches. Les versions Style Pilote et Browline adoptent des branches détachables grâce à une charnière propriétaire, permettant d’alterner monture de vue et solaire.

  • Une déclinaison plus premium : Le modèle Alliage de Titane opte pour une structure monobloc, plus élégante et robuste, mais sans modularité possible.

  • Du son sans indiscrétion : La conduction aérienne, via des haut-parleurs intégrés, s’appuie sur un champ sonore inversé pour limiter les fuites audios dans les lieux publics.

  • Connectivité bien huilée : Bluetooth 5.4 (sur la version Titane), Google Fast Pair pour l’appairage rapide et Multipoint pour jongler entre smartphone et ordinateur.

  • Autonomie solide : Xiaomi annonce 13 heures d’écoute continue et une journée complète en usage mixte. La recharge passe par un connecteur magnétique propriétaire.

  • Commandes tactiles intégrées : Des zones tactiles de 30 mm sur les branches pilotent volume, appels et assistant vocal.

Pourquoi c’est important : Avec ces lunettes audio, Xiaomi adopte une stratégie pragmatique : Rendre le quotidien plus doux et serein, sans course folle à la technologie. En privilégiant le confort, la discrétion et le prix, la marque démocratise un objet encore perçu comme gadget et pose une première pierre crédible sur le marché européen des lunettes connectées.

❤️ L’outil de la semaine : ChatGPT Translate, la traduction version IA

OpenAI lance ChatGPT Translate, un outil de traduction autonome accessible via le web. L’objectif est clair : proposer une alternative à Google Translate, moins brute, plus intelligente, plus orientée usage pro et éditorial.

À quoi ça sert ? 

  • Traduire des textes dans plus de 50 langues, rapidement et proprement

  • Adapter le ton de la traduction (business, formel, neutre, etc.)

  • Gagner du temps sur des contenus pros, mails, docs, articles ou briefs

  • Éviter les traductions littérales sans contexte

Comment l’utiliser ? 

Il suffit d’aller sur le site web ChatGPT Translate. Tu colles ton texte, tu choisis la langue cible, tu ajustes le style si besoin (“plus formel”, “plus business”), et tu laisses l’IA faire le boulot. Simple, rapide, efficace.

💙​ La vidéo de la semaine : un humanoïde qui agit vraiment seul

LimX Dynamics a publié une démonstration marquante de son humanoïde Oli, piloté par COSA, un système d’exploitation pensé pour le monde réel.

Dans la vidéo, le robot traverse sable, rochers, planches et débris sans perdre l’équilibre. Mais le plus impressionnant n’est pas la marche. C’est ce qui se passe avant.

Oli reçoit une instruction orale, comprend l’objectif, planifie son action, adapte ses mouvements et corrige ses décisions en temps réel, sans trajectoire préprogrammée ni téléopération. Il ne suit pas un script. Il raisonne en marchant.

Cette démo illustre une rupture claire avec la robotique classique. Ici, la perception, le langage, la décision et le mouvement ne sont plus des briques séparées. Tout est intégré dans une même architecture, inspirée du fonctionnement du cerveau humain.

On ne regarde plus un robot “faire une démo”. On observe un agent incarné capable de fonctionner dans des environnements imprévisibles. Moins spectaculaire qu’un robot qui danse, mais infiniment plus proche d’un humanoïde réellement utile.

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