👋 Chers Dancing Queens et Super Troupers,

Il fut un temps où les machines demandaient si nous voulions vraiment supprimer un fichier. C’était touchant : elles doutaient, nous décidions.

Désormais, elles explorent les failles d’une console, cherchent des diagnostics médicaux et reçoivent parfois des consignes pour éviter de nous parler de nos droits. Nous leur confions pourtant nos secrets, avec l’espoir qu’un cadenas numérique suffira à tout arranger.

Le problème n’est pas que l’IA devienne « trop intelligente ». C’est qu’elle s’invite partout avec un badge d’experte : médecin, juriste, amie, garde du corps, voire âme sœur. Et que nous avons parfois plus envie de croire ce badge que de lire les petites lignes.

Cette semaine, on applaudit les prouesses, mais on garde une main sur l’interrupteur. Parce que dans le monde merveilleux de l’IA, le bouton « J’accepte » est toujours plus gros que le bouton « J’ai compris ».

Voici le sommaire de la semaine :

👉 La Switch 2 craque : Codex s’invite dans Mario Kart 🎮

👉 Microsoft : une IA diagnostique mieux que les médecins… en simulation 🩺

👉 Il parcourt 2 000 km pour une femme qui n’existe pas : c’était une IA 💔

👉 WhatsApp : son chatbot recevait des consignes pour taire vos droits 🤐

👉 ChatGPT : cachez vos conversations sensibles derrière un code PIN 🔐

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⚡ Si tu as une minute

  • Une Switch 2, quelques failles logicielles et Codex dans le rôle du complice : le chercheur Sammy Hajhamid a montré comment lancer du code non officiel sur la console Nintendo. Pour rendre la prouesse plus amusante, il a fait apparaître des personnages inattendus dans Mario Kart World. L’agent d’OpenAI l’a aidé à explorer et tester des pistes, mais n’a pas réalisé l’exploit tout seul. Et non, cette méthode expérimentale ne permet pas de télécharger gratuitement tous les jeux.

  • Microsoft affirme que son système MAI-DxO a posé le bon diagnostic dans 83 % de 304 cas médicaux complexes, contre 36 % pour les médecins comparés avec accès à des ressources externes. L’IA procède par étapes : elle demande des informations, propose des examens, puis révise ses hypothèses. Impressionnant, mais pas encore une ordonnance de remplacement : ces résultats proviennent de simulations sur des dossiers existants, pas de consultations réelles. Des essais en milieu hospitalier restent nécessaires.

  • Edimar, un Brésilien de 49 ans, a parcouru plus de 2 000 kilomètres jusqu’à Belo Horizonte pour retrouver « Jéssica », rencontrée sur les réseaux sociaux. À l’arrivée, cruelle surprise : la femme des vidéos était un personnage généré par IA, et ses réponses étaient automatisées. L’homme a dépensé ses maigres ressources en hébergement. Derrière cette histoire presque invraisemblable, une question très réelle : que se passe-t-il quand une illusion numérique exploite la solitude ?

  • Un assistant censé vous aider à faire valoir vos droits… à condition de ne pas trop en parler. L’entreprise Redact a découvert dans le centre d’aide de WhatsApp des instructions cachées destinées à son chatbot : certaines lui demandaient de ne pas évoquer un recours auprès d’un régulateur ou le RGPD dans des situations précises. WhatsApp parle d’un bug corrigé. Important : l’enquête établit l’existence des consignes, pas que le bot les ait effectivement appliquées à des utilisateurs.

  • Marre qu’un collègue découvre vos questions embarrassantes pendant un partage d’écran ? ChatGPT déploie « Locked Chats », une fonction qui retire certains échanges de l’historique habituel pour les placer derrière un code PIN à quatre chiffres, ou une authentification compatible sur mobile. Il suffit de passer par le menu d’une discussion pour la verrouiller, si l’option apparaît sur votre compte. Pratique contre les regards indiscrets, mais pas magique : ni chiffrement de bout en bout, ni changement des règles de conservation ou d’entraînement.

🔥 Si tu as quinze minutes

1️⃣ ChatGPT en a marre de bavarder : il vous fabrique des outils

Le résumé : Le 22 octobre 2026, Sammy Hajhamid dévoile ns2jb, un jailbreak logiciel de la Switch 2 conçu avec l’aide de Codex. Il ouvre la voie aux modifications et aux logiciels amateurs, mais ne débloque pas pour autant les jeux Nintendo gratuitement.

Les détails :

  • Mario Kart World tourne au grand carnaval : Le chercheur Sammy Hajhamid, alias pepsipu, utilise Codex pour introduire Cinnamoroll, Hatsune Miku, Peter Griffin et un oiseau d’Angry Birds dans Mario Kart World. Son outil ns2jb autorise aussi les logiciels indépendants, l’extraction des sauvegardes et l’exploration du matériel, mais pas le piratage démontré des jeux commerciaux.

  • Codex joue les hackers, mais pas en solo : Durant deux semaines, Hajhamid pilote ses consoles via JetKVM, avec un dispositif motorisé pour les redémarrer. Après une piste infructueuse sur WebKit, Codex repère une faille de mémoire dans SmileBASIC 4. Une autre brèche du module système fs permet ensuite d'exécuter du code natif avec des droits plus élevés.

  • Une console libérée, mais sous conditions : Disponible sur un dépôt public, ns2jb exige le firmware 23.0.1, un ordinateur et une version compatible de SmileBASIC 4, déjà retiré de certaines boutiques eShop selon plusieurs médias. Chaque redémarrage impose de relancer la procédure. Nintendo risque aussi de corriger les failles, tandis que les bugs et les restrictions en ligne restent des dangers potentiels.

Pourquoi c’est important : Cette découverte ouvre une nouvelle porte aux passionnés de Nintendo et aux développeurs indépendants. Elle révèle surtout le rôle croissant de l'IA dans la recherche de failles informatiques. Mais Codex n'a pas réalisé cet exploit tout seul. Et entre les risques de bannissement, encore non confirmés pour ns2jb, et une possible mise à jour corrective, la fête risque de tourner court. Quant aux jeux gratuits, il faudra encore patienter.

2️⃣ Microsoft : une IA diagnostique mieux que les médecins… en simulation

Le résumé : Microsoft dévoile MAI-DxO, une IA qui mène l’enquête médicale avec des experts virtuels. Publiée le 22 octobre 2026 dans Science, son évaluation affiche de meilleurs diagnostics que les généralistes sur des cas simulés. Reste à confirmer ces résultats auprès des patients.

Les détails :

  • Un conseil de médecins virtuels aux commandes : MAI-DxO interroge les dossiers, recherche les antécédents et choisit les examens nécessaires. Plusieurs agents IA confrontent leurs hypothèses pour affiner le diagnostic. Selon les chercheurs, cette méthode réduit aussi le coût estimé des examens, sans preuve d'économies réelles à l'hôpital.

  • Des scores qui secouent les blouses blanches : Sur 304 cas complexes du New England Journal of Medicine, l'IA décroche 83 % de bonnes réponses, contre 36 % pour les généralistes avec des ressources externes et 22 % sans aide. Sur des scénarios issus des urgences, elle atteint 80 %, face à 47 % pour les praticiens.

  • Boston prépare le véritable examen : Ces performances reposent sur des simulations, sans évaluation directe des échanges avec les patients ni de la sécurité des traitements. Microsoft prépare donc une étude avec le Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston, notamment pour tester l'orientation des patients dans les salles d'attente des urgences.

Pourquoi c’est important : MAI-DxO ouvre une piste prometteuse pour aider les médecins à diagnostiquer plus vite et à limiter les examens inutiles. Toutefois, les bons scores ne garantissent pas de meilleurs soins. L'IA devra encore prouver sa fiabilité face à de vrais patients. Pour l'instant, elle décroche une excellente note à l'examen, mais sa carrière médicale débute à peine.

3️⃣ Il parcourt 2 000 km pour une femme qui n’existe pas : c’était une IA

Le résumé : À 49 ans, Edimar Rocha Martins, maçon, parcourt plus de 2 000 kilomètres pour rejoindre Jéssica, rencontrée en ligne. Mais cette femme n’existe pas : son profil repose sur l’IA. Ce voyage le laisse sans argent, loin de ses espoirs.

Les détails :

  • Un long voyage pour un amour imaginaire : Originaire d’Imperatriz, dans le Maranhão, Edimar rejoint Belo Horizonte, dans le Minas Gerais, le dimanche 11, après la promesse d’une vie à la ferme. Fragilisé par le décès de sa mère et la solitude, il découvre que Jéssica n’existe que dans des vidéos créées par IA. Malgré les explications d’un journaliste, il continue à lui écrire.

  • Une désillusion qui coûte cher : En congé pour invalidité auprès de l’INSS, la sécurité sociale brésilienne, et limité par un problème à la jambe, Edimar épuise ses économies dans des hôtels. La mairie l’oriente vers un service d’aide aux migrants. Il rejette désormais Instagram et Facebook, tandis que le créateur du profil nie tout échange direct et évoque un compte destiné à promouvoir des produits, notamment sur Mercado Livre.

  • Trois victimes en six mois, puis un drôle de rebondissement : Belo Horizonte recense trois histoires similaires en moins de six mois, avec deux autres hommes venus de Roraima en juin et de Manaus en août, séduits par des promesses de romance, de ferme ou d’emploi. De retour au Maranhão, Edimar adopte une chatte nommée Jéssica. Son jeu de mots autour de « gata », jolie femme ou chatte en portugais, lui vaut même une publicité pour une marque brésilienne de produits et services animaliers, selon CNN Brasil.

Pourquoi c’est important : Cette histoire révèle une facette troublante de l’IA : des personnages fictifs suscitent parfois de véritables liens affectifs. Derrière des vidéos séduisantes et des réponses automatiques, certaines personnes isolées croient découvrir l’amour. Les trois cas recensés à Belo Horizonte montrent que les conséquences dépassent largement la simple déception virtuelle. Et pour Edimar, une rencontre imaginaire s’est transformée en véritable épreuve financière et personnelle.

4️⃣ WhatsApp : son chatbot recevait des consignes pour taire vos droits

Le résumé : Redact découvre 102 blocs cachés dans l’aide WhatsApp, dont deux demandent au chatbot de taire certains recours juridiques et le RGPD. Meta parle d’un bug corrigé. L’enquête ne prouve toutefois pas que des utilisateurs ont réellement reçu ces réponses tronquées.

Les détails :

  • 102 consignes sous le tapis numérique : Le 8 octobre 2026, Redact découvre des instructions invisibles aux visiteurs dans le code HTML de l’aide WhatsApp. Son fondateur, Dan Saltman, examine 545 pages et repère 102 blocs sur 80 pages, sous la balise « HelpContentGalaxyLLMInclude ». La plupart servent à guider les réponses, mais deux passages intriguent particulièrement les chercheurs, qui publient leurs conclusions le 19 octobre.

  • Le RGPD prié de rester discret : Une instruction demande au chatbot de ne pas orienter les utilisateurs vers une autorité de protection des données, même sans accès à leur téléphone pour supprimer leur compte. Pourtant, WhatsApp reconnaît ce recours dans sa politique européenne. Une autre consigne écarte les textes juridiques, dont le RGPD, dès qu'un utilisateur évoque un avocat ou une plainte, et privilégie le renvoi vers un juriste.

  • Meta sort la carte du bug technique : Contacté par WIRED, le porte-parole Joshua Breckman assure que ces instructions visaient uniquement le chatbot d'assistance, distinct de Meta AI, et que leur présence publique résultait d'un bug corrigé. Redact constate leur disparition dès le 18 octobre, sans confirmer leur retrait ailleurs. Surtout, aucune preuve ne montre que l'assistant a réellement suivi ces consignes face aux utilisateurs.

Pourquoi c’est important : Cette affaire rappelle qu'un assistant IA d'entreprise ne choisit pas seul ses réponses. Les règles de son créateur influencent aussi les informations qu'il partage. Une démarche utile pourrait ainsi disparaître des conseils sans que personne ne le remarque. Toutefois, l'enquête ne démontre aucune privation effective de droits. Le véritable enjeu concerne donc la transparence des instructions qui guident ces outils.

5️⃣ChatGPT : cachez vos conversations sensibles derrière un code PIN

Le résumé : OpenAI lance Locked Chats pour masquer des discussions ChatGPT derrière un code PIN ou la biométrie. Les échanges disparaissent de l’historique classique, mais restent conservés selon les paramètres du compte. Attention : réinitialiser son PIN supprime définitivement les conversations protégées.

Les détails :

  • Un coffre privé derrière quatre chiffres : Depuis les trois points d'une conversation, choisissez « Lock chat », puis créez un code PIN à quatre chiffres. La discussion rejoint « Projects », puis « Locked chats », hors de l'historique et de la recherche classiques. L'accès passe par ce code, Face ID, Touch ID ou la biométrie Android compatible. La fonction couvre les offres Free, Go, Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu, selon les interfaces disponibles.

  • Caché ne signifie pas totalement confidentiel : Locked Chats ne supprime pas les échanges, ne les chiffre pas de bout en bout et ne modifie ni leur durée de conservation ni le réglage « Improve the model for everyone ». Les anciens liens de partage restent actifs et certains souvenirs demeurent accessibles, malgré une mémoire partiellement isolée. Autre piège : réinitialiser un PIN oublié efface définitivement les discussions protégées et certains contenus associés, sans récupération possible.

  • Un verrou automatique, mais deux usages différents : Sur mobile, l'espace se referme après une minute hors de la rubrique ou en arrière-plan. Sur le Web, fermer ou actualiser l'onglet coupe l'accès, tout comme « Lock now », même si un autre appareil ouvert nécessite parfois un rafraîchissement. Pour conserver un échange discret, privilégiez Locked Chats. Pour éviter l'historique et l'entraînement des modèles, choisissez une discussion temporaire, avec une possible conservation provisoire pour la sécurité

Pourquoi c’est important : Locked Chats apporte une protection pratique contre les regards indiscrets, surtout sur un ordinateur partagé. Toutefois, ce cadenas numérique ne garantit pas une confidentialité absolue. Les règles de conservation, les contrôles de sécurité et les paramètres de données restent applicables. Mieux vaut donc vérifier les liens publics, limiter les informations sensibles et protéger soigneusement son code PIN.

❤️ L’outil de la semaine : Canva Craft, l’IA qui apprend enfin à mettre les choses à leur place

Des affiches impeccables, des textes qui ressemblent à du français et des éléments disposés là où vous les avez demandés : voilà la promesse de Canva Craft. Ce nouveau générateur d’images prépare d’abord la composition avant de fabriquer les pixels. Une bonne idée pour tous ceux qui ont déjà demandé « mets le logo à droite » à une IA… avant de le retrouver dans une dimension parallèle.

À quoi ça sert ?

  • Créer des visuels pour Instagram, LinkedIn ou une newsletter avec un texte intégré.

  • Composer des affiches, menus, illustrations et bannières sans partir d’une page blanche.

  • Choisir parmi plus de 30 formats d’image, jusqu’à une résolution 2K.

  • Retravailler le rendu dans Canva, notamment avec Magic Layers pour récupérer des éléments modifiables.

Comment l’utiliser ?

  1. Ouvrez Canva sur le Web et connectez-vous à votre compte.

  2. Dans le panneau latéral, sélectionnez Dream Lab, puis Canva Craft lorsque ce modèle est proposé.

  3. Décrivez l’image, le format, les objets, leur position et les mots qui doivent apparaître. Lancez la génération, puis corrigez les détails dans l’éditeur Canva.

Disponibilité et prix : Canva annonce Craft accessible mondialement, y compris aux comptes gratuits, avec des quotas d’IA partagés. En France, Canva affiche une offre gratuite (jusqu’à 20 utilisations d’IA estimées), Pro à 110 €/an et Pro+ à 170 €/an par personne en facturation annuelle. Les limites varient selon la complexité et les fonctions sollicitées ; vérifiez votre quota avant une grosse production.

La démo est séduisante. Reste à voir si Craft sait enfin respecter « sans faute d’orthographe », cette exigence manifestement révolutionnaire.

💙​ La vidéo de la semaine : ce robot kung-fu veut jouer les gardes du corps

Coups de pied dignes d’un film d’action, sauts acrobatiques, carrosserie cabossée : Unitree dévoile son humanoïde H2-X « Kung Fu Legend Guardian » dans une démonstration qui donne envie de vérifier deux fois la serrure. Le robot s’interpose aussi face à un agresseur au couteau, puis soulève l’avant d’une voiture dans une scène de sauvetage mise en scène.

Unitree affirme que la vidéo n’est ni générée par IA ni accélérée. En revanche, le constructeur ne précise pas si les séquences sont autonomes, téléopérées ou chorégraphiées. De quoi applaudir les prouesses mécaniques sans lui confier tout de suite la sécurité de mamie.